India TSUNAMI - Suradeep Hospital project


Les difficultés pour donner de l’aide

Les villages de pêcheurs sont en fait de petites communautés rurales où les liens entre familles sont assez forts. Que ce soit dans l’amitié ou la rivalité.
Les pêcheurs sont souvent issus des classes (parfois aussi castes) les plus basses de la société.
Le contexte socioculturel et religieux en fait un système complexe vu depuis notre culture européenne.
Dans ce contexte, l’aide que nous pouvons apporter doit prendre une forme qui soit respectueuse des structures sociales et des enjeux religieux et culturels.
Il est par exemple très difficile d’aider une famille particulièrement touchée par le tsunami, sans aider ses voisins, plus ou moins affectés. Cela crée des rivalités et des conflits, pouvant créer la révolte dans le village et le refus de toute aide extérieure par tout le village.

On assiste aussi à la démolition volontaire de construction, de manière à obtenir les subsides du gouvernement ou l’aide extérieure. Autant de gestes qui peuvent nous paraitre inquiétant et nous inciteraient à modérer notre aide. D'un autre côté, il faut bien se rendre compte que dans une population qui n'a que très peu de moyen, et dans une situation de panique, toute astuce sera utilisée pour augmenter (parfois de manière illusoire) le sentiment de sécurité financière.

D'autre part, dans un contexte de vie que j’évaluerais d’assez dur, l’aide extérieure pourrait assez vite entraîner des phénomènes de dépendance, ce qui irait à l'encontre du but poursuivi: permettre à ces populations de retrouver leur equilibre naturel, avec la nature, la pêche, la vente du produit de leur pêche.

La distribution d’argent (Le gouvernement à distribuer des primes de l’ordre de 70-80 euros, ce qui correspond à 2 moins de rentrées pour une famille) pose aussi ses questions et ses limites.
Les « wine-shop », entendez les magasins à alcool ont fait leur vente record le jour des distributions des subsides.
Ne parlons pas de la notion d’épargne dans ces classes sociales, ou chaque roupie est immédiatement dépensée dans l’achat de vivre ou de plaisirs immédiat.

Des projets de relocalisation proposé par le gouvernement offrant des habitations en dur à une distance de sécurité de l'océan ont été boycotté par les pêcheurs refusant de quitter leur villages, leur environnement connu t leur "terre".

Le tsunami est devenu un business juteux pour certain et les arnaques, détournements sont nombreux. Les sommes d’argent en jeux sont à l’échelle du pays énormes. Si vous donner 100€, cela représente 2 mois de revenu d’une famille complète…Certains escrocs arrivent à collecter plusieurs centaines d’euro auprès de touriste… Il s’agit d’agir avec beaucoup de discernement, et même si il ne peux avoir de garantie à 100% dans ce cas, j’ai mis une vigilance particulière à ce que l’argent n’arrive pas dans les poches de certain, déjà bien nantis.

Tenir compte de ces quelques paramètres ainsi que d’autres encore peut sembler décourageant, et les témoignages de donateurs déçus et même rejetés existent.
Faire parvenir l’aide dans une forme qui est recevable par les populations demande une connaissance approfondie des structures idéologiques et sociales du pays.
Dans ce cadre, il me semble que l'appel à des strucutres locales et des personnes de "confiance" du terrain permet de se premunir d'une partie des dérives d'une action humanitaire. 

 


milonic
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